Les sillons de la liberté

 

Jean-Bernard Huon

Bretagne

 

L'agriculteur français Jean-Bernard Huon a tourné le dos à la nouvelle technologie et est déterminé à préserver un mode de vie paysan ancestral. Jean-Bernard Huon, 62 ans, est un homme heureux ! Et son bonheur, il le tire de sa fierté … Celle d’être resté un paysan d’autrefois. Avec ses paires de bœufs attelés devant la charrue, il travaille à l’ancienne, refusant la modernité dans ce qu’elle peut avoir de contraignant et même, parfois, d’absurde. Pour rien au monde, dans sa ferme , il ne donnerait sa place à quelqu’un d’autre.

 

Les sillons de la liberté

Jean-Bernard HUON paysan breton

Dans le respect de l’Homme, de la Femme, des animaux, de la nature, la caméra de René DURANTON fait un bond en arrière de 50 ans.

Il a rencontré un homme heureux, Jean-Bernard HUON, 62 ans, fier d’être resté le paysan d’autrefois travaillant à l’ancienne, faire du « BIO » avec ses trois chevaux.

Il vit avec Laurence, sa compagne, un sacré « bout de femme ». Elle ne se voyait pas renfermée dans un bureau, elle voulait connaître autre chose, le monde agricole! Elle a choisi ce mode de vie, dur, très dur... Un sac de blé de 50 kg... de la rigolade pour cette femme de 47 kg. « Vivre ou survivre sans aucune subvention », nous explique Jean-Bernard.

Je ne suis pas un mouton, ce n’est pas parce que le voisin a un tracteur de 150 ch, que je dois en posséder un. Je veux être libre, c’est pourquoi je veux que le film s’appelle : Les Sillons de la Liberté.

Un film de René DURANTON - 2h 08min - 16/9e. Chanson originale de Paco ALEJO, interprétée par Guylène LAUR. Ce n'est pas du folklore, mais un véritable choix de vie entièrement assuré par ces personnages hauts en couleur. Depuis 50 ans, rien n’a changé. Traire les vaches à la main, le fromage, le beurre à la baratte, les labours, les foins, les moissons, la batteuse avec le manège.

Les sillons de la liberté

Le film sur Jean-Bernard Huon

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René Duranton a filmé Jean-Bernard Huon, dernier paysan breton, qui vit au rythme du début du XXe siècle. Il vit à Riec-sur-Bélon, près de Quimperlé (Finistère).

Jean bernard huon et romain vaillant

Romain Vaillant et Jean Bernard Huon
Les sillons de la liberté sera diffusé à La Bobine, le cinéma quimperlois, samedi 8 février 2020.Article Publié le 05/02/2020 à 17h42

Dans les années 60, à une époque où l’on ne parlait pas d’empreinte carbone, alors que l’agriculture se professionnalisait et se modernisait pour intégrer l’économie nationale, Jean-Bernard Huon a fait le choix de demeurer simple paysan.

Il avait 15 ans, quand la destinée remettait la ferme familiale entre ses mains et 15 hectares à travailler pour assurer la relève du père décédé. Il a continué à cultiver la terre, comme on le faisait depuis des lunes.

« Maison toujours ouverte » à Riec

Labourer à l’ancienne avec la traction animale peut être considéré aujourd’hui comme une profonde sagesse à la lumière des défis environnementaux actuels, mais était, en ce temps, jugé comme un asservissement. Jean-Bernard a toujours vécu au rythme des saisons et des animaux de sa ferme de Penprat à Riec-sur-Belon.

Il ne s’est pas endetté pour l’agrandir ni acheter du matériel agricole pour augmenter sa production et n’a jamais demandé d’aide pour subsister. Il avait autour de lui tout pour rester seul en autarcie.

C’est l’armée, en Afrique, qui a changé son regard sur les autres. « En allant en Côte d’Ivoire et au Sénégal, j’ai vu la misère et la faim. Ça m’a ouvert l’esprit. Depuis la maison est toujours ouverte », dit le gaillard jovial aux 75 printemps.

Cote d'Ivoire

Senegal

Il y a 10 ans, le réalisateur René Duranton, auteur d’une dizaine de documentaires sur la mémoire paysanne, s’est intéressé au mode de vie et au labeur de Jean-Bernard Huon avec ses trois chevaux.

De ses prises de vues au cours des quatre saisons il ressort un film, respectueux de l’homme et de son travail : Les sillons de la liberté, qui brosse le portrait d’un paysan qui parle de lui-même sans artifice.

Un document ethnologique sur le monde rural et les métiers d’autrefois qui restera pour les jeunes générations.

« La ferme n’est pas un musée »

Aujourd’hui, fidèle à son toit de chaume et à sa terre, Jean-Bernard fait toujours de la polyculture et de l’élevage : 3 ha de céréales, seigle et blé, et de méteil, mélange d’avoine, d’orge et de triticale, des volailles, 7 vaches laitières traites à la main, le beurre est baratté, le petit-lait nourrit les veaux et les cochons, et bien sûr des légumes et des pommes à cidre.

Mais depuis qu’il est tombé derrière ses chevaux et qu’il a failli avoir la jambe coupée par la roue ferrée de la charrette, il travaille avec des bœufs, plus calmes.

« L’agriculture a toujours évolué et je ne veux pas être un militant. Les travaux sont rudes et pénibles pour les jeunes. Il faut être né comme ça », tempère le paysan, qui assume sa liberté.

Chez lui, les discussions remplacent la télévision. « Les gens disent : c’est merveilleux de vivre comme ça. Mais ils ne le font pas », ironise-t-il avant de confier : « La ferme n’est pas un musée, un musée, c’est mort. Maintenant il faut penser à transmettre. »

Les sillons de la liberté, un film de René Duranton de 2 h 08, au Cinéma La Bobine, le samedi 8 février à 16 h 30, en présence du réalisateur et de Jean-Bernard Huon. Tel : 02 98 96 04 57

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https://www.ouest-france.fr/bretagne/quimperle-29300/quimperle-les-sillons-de-la-liberte-le-film-sur-jean-bernard-huon-la-bobine-samedi-8-fevrier-6723130

Barre bleue

6 minutes avec un paysan breton

Un reportage de Fr3-Bretagne-30 sept 2008

Direction Riec-sur-Belon pour découvrir l'univers de Jean-Bernard Huon, agriculteur. Chez lui, le temps semble comme arrêté. Ni tracteur, ni salle de traite, ni ensileuse. C'est un choix de vie. Avec 15 hectares, une dizaine de vaches et des cochons, il est heureux en semant et labourant à l'ancienne.

La vie n’est pas une course dit il.

 

Clic sur la photo pour voir la video

 

 

Barre vert prom haies

« Chez Julien », 2009-2010 Pendant plus d'un an, j'ai régulièrement visité Julien, un paysan qui vit « comme autrefois ». Quand j'ai rencontré Julien pour la première fois, j'ai été charmée par le personnage, son quotidien et ses prés authentiques. Il est né dans sa maison et n'a jamais quitté sa terre natale depuis plus de 60 ans. Ses bêtes et sa terre sont ses passions. Son seul regret est de n'avoir jamais été marié. « Les femmes n'ont jamais voulu vivre comme moi », m'a-t-il révélé. Depuis un an, je lui rends visite régulièrement. Il parle peu, mais l'expression de son visage nous dit le reste. Son frère vient l'aider pratiquement tous les jours. Dernièrement, ils viennent de perdre leur mère, devenue aveugle avec les années. Ils l'avaient gardée avec eux à la maison, jusqu'à son dernier soupir. Quand je viens chez lui, c'est comme retenir les dernières images d'un temps passé. Sa maison faite de terre semble fondre à mesure que le temps passe. Les granges où logent ses vaches et ses chèvres ressemblent à cette image biblique de la nativité. Il n'a ni télé, ni réfrigérateur. J'avais même entendu dire qu'un arbre poussait dans sa cuisine. Quand pour la première fois, après un an, il m'a ouvert sa porte, j'étais déçue de ne pas voir l'arbre. De multiples calendriers tapissent les murs, dans la cheminée, une soupe chauffe dans une vieille marmite. Ce décor me rappelle les paysans que j'aimais visiter pendant mon enfance en Bretagne. Il vit avec très peu de moyens, mais pour rien au monde il ne vivrait autrement. Comme disent les vieux paysans, « il a la terre qui lui coule dans les veines ». Chez Julien, ce sont tout simplement des scènes de vie, rythmées par les saisons et le temps qui passe

 

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Date de dernière mise à jour : 06/02/2022