Musée Saint Didier en Velay

 

Le musée des Arts et Traditions Populaires de Saint-Didier-en-Velay

Dubouchet photo des halles.

Le Musée des Arts et Traditions Populaires de Saint-Didier est né de la passion d'un professeur de philosophie, Georges Dubouchet, qui a sillonné durant près de 35 ans le Massif Central en quête des objets les plus représentatifs des sociétés rurales et ouvert son premier musée à Saint-Didier-en-Velay(Haute-Loire) en 1975.

Cette collection présente la double caractéristique d'avoir été le plus souvent trouvée « sur le terrain »et de concerner de nombreux département du Massif Central et tout particulièrement le Puy-de-Dôme et le Cantal qui représentent avec la Haute-Loire les trois départements ayant fait l'objet des recherches les plus déterminées.

Site internet du musée
http://georges.dubouchet.free.fr/cariboost1/

 

Du Musée-livre au Livre-musée

 

Le Musée de Saint-Didier-en-Velay (Haute-Loire) a été fondé par Georges Dubouchet en 1975, au lendemain de la soutenance de sa thèse de Doctorat de 3e Cycle intitulé " Le Cercle chez les Grecs et chez Nietzsche".On pourrait s'interroger sur  la nature rapport susceptible de relier l'art populaire et la pensée du célèbre philosophe allemand s'il l'on ne connaissait pas l'importance accordé à ce qui relève du débat entre le " naturel " et le " culturel " et surtout en ne faisant aucune concession à tous ceux qui se meuvent comme des poissons dans les eaux de l'actualité, bref à tout ce qui, de près ou de loin, transpire une influence dionysiaque.

Toutefois, réaliser un musée à l'écart de toutes les modes et des sempiternel hommages rendus à la nouvelle idole " Modernité " relève de la quadrature du cercle.

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A Saint Didier en Velay,le petit musée bradé à des Suisses

Article Le Progrès publié le 24.10.2010 04h00

http://www.leprogres.fr/fr/article/4027367/A-Saint-Didier-en-Velay-le-petit-musee-brade-a-des-Suisses.html

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C'est avec « la rage au ventre » que Georges Dubouchet a cédé ses collections chinées depuis 40 ans. Des milliers d'objets qui devraient revivre dans un superbe musée aux portes de Paris. Un rêve qu'il n'aura jamais pu réaliser dans la région.

Il avait constitué l'une des plus belles collections de France d'art populaire, dont une infime partie était exposée dans son petit musée de Saint-Didier-en-Velay.

Un véritable trésor, avec des pièces uniques, d'un autre temps. Pas moins de 7 500 objets, dont une grande partie était entassée depuis des années dans des hangars poussiéreux qui prenaient l'eau.

Georges Dubouchet, à la tête de ce patrimoine extraordinaire, avait un grand projet : montrer ses collections dans un beau musée. Et il comptait sur l'aide des collectivités locales. Mais Dubouchet, le philosophe, l'intellectuel, toujours vêtu de noir, le regard sombre, n'a jamais vraiment été compris. Et n'aura jamais réussi à trouver un terrain d'entente pour l'acquisition de ces collections qu'il n'avait plus les moyens d'entretenir.

Alors, la mort dans l'âme, Georges Dubouchet a mis son musée en vente sur Internet. Et très vite, les premiers acquéreurs se sont manifestés, dont un collectionneur australien. Puis est arrivée de Suisse, à Saint-Didier-en-Velay, Viviane Jutheau de Witt. « Elle est venue, accompagnée d'un photographe. Ils ont pris des photos durant 3 jours et m'ont proposé de tout acheter pour 300 000 euros.

C'est un cinquième de ce que j'ai investi durant 40 ans », résume Georges Dubouchet, qui accepte la proposition. « Je n'avais plus le choix. La mairie de Saint-Didier qui me prêtait les locaux, m'avait signifié que je devais tout déménager. J'étais prisonnier de mes collections. »

Georges Dubouchet est anéanti. Car l'homme, d'une grande culture, d'une grande sensibilité, vit avec ses émotions. Il réfléchit, pèse ses mots. Et parle.

« C'est une grosse perte pour la Haute-Loire qui n'a pas compris le trésor que l'on avait et qui prive le département d'une collection unique. Les élus sont constipés. Ce ne sont pas de visionnaires. Ils vivent dans le présent. Moi, je suis en dehors du temps. Je considère les objets du passé, comme des objets d'avenir. Un objet, lui, ne ment pas. Il a sa vérité. On ne peut pas tricher avec lui. Il a sa part ludique. C'est ce que je voulais montrer dans un musée, lieu d'émotion où l'on peut se vider de ses angoisses. »

Ce musée des campagnes, si bien raconté dans son remarquable ouvrage d'un millier de pages, devenu une référence, Georges Dubouchet n'aura jamais pu le concrétiser.

La semaine dernière, un incessant balai de déménageurs a chargé durant plus d'une semaine 600 m3 d'objets, qui ont été acheminés en région parisienne, où ils seront restaurés et mis en valeur avant d'être exposés dans un musée à Provins (Seine-et-Marne).

En regardant partir dans un épais brouillard, ces pièces de bois, travaillées par des paysans au siècle dernier, qui avaient toutes leur utilité dans cette société préindustrielle, Georges Dubouchet, dans une grande détresse, semblait absent. Comme rattrapé par le passé.

« Tout était possible ici. On aurait pu faire quelque chose de très bien », lançait Georges Dubouchet, viscéralement attaché à ce patrimoine qui semble lui échapper à jamais, le regard dans le vide. Mon salut est désormais dans l'écriture. Il faut que j'écrive. »

Son musée des Campagnes, un pavé de mille pages, devenu une référence en la matière, est aujourd'hui en rupture de stock. Et les « Fées aux doigts magiques », sur les dentellières du Massif Central (1), devraient connaître le même succès. Et c'est bien là, son ultime espoir.

F. P.

En vente uniquement dans les Centres d'enseignement de la dentelle au Puy-en-Velay et à Brioude et à tarif préférentiel auprès des Amis du musée de Saint-Didier-en-Velay. Renseignements : 04 77 35 62 10.

Didier le batiment etait d abord un monument

Interview de Madame Viviane Jutheau de Witt

par Frédéric Paillas du Progrès

Pourquoi vous intéresser à l'art populaire ?

J'ai 63 ans et j'observe que je suis la dernière génération à avoir vu certains objets d'avant les années cinquante, qui ont disparu ou qui vont disparaître définitivement. Pour mes enfants, cette période, c'est un autre temps et pour mes petits enfants, c'est carrément la planète Mars !

C'est pour cela qu'il faut transmettre ce patrimoine inestimable, ces gestes d'hommes et de femmes que l'on ne verra plus, ces savoir-faire anciens, révolus. Le problème, c'est que beaucoup de gens ont accumulé des objets sans les entretenir. D'où la nécessité absolue pour la collection de M. Dubouchet d'être restaurée pour enfin pouvoir la montrer au public. J'ai une immense admiration pour M. Dubouchet, qui est un puits de science. Le problème, c'est qu'il n'a jamais été aidé.

Qu'est-ce qui vous a séduite dans cette collection ?

C'est d'abord M. Dubouchet qui est un homme touchant et dont le discours est passionnant. Mais surtout, la vérité de sa collection qui est vaste, qui est très vraie, très authentique et dans son jus.

Qu'allez-vous en faire maintenant ?

Nous allons construire un très beau musée sur la commune des Ormes-sur-Voulzie, à côté de Provins, en région parisienne. Ce sera le musée de la Vie d'autrefois. Un architecte a travaillé sur le projet. Les plans sont terminés et nous attendons maintenant les autorisations administratives pour lancer le chantier. Si tout va bien, le musée ouvrira le 10 septembre 2012. Un scénographe travaille pour en mettre en valeur l'ensemble des collections. Outre celle de M. Dubouchet, l'association a acquis de nombreux objets qui proviennent de collections privées et de petits musées français. Certains particuliers nous amènent également des objets anciens, qu'ils ne veulent pas voir croupir dans un hangar. Je pense que l'on ne peut pas laisser mourir ce fantastique patrimoine, sinon, c'est un pan de toute notre histoire qui s'en va.

Mais vous pensez que l'art populaire a encore la cote ?

Je reviens de l'annexe du musée Beaubourg à Metz. Parmi d'innombrables chefs-d'œuvres, j'ai pu voir une quille sur la conscription qui était remarquable, mais également une vitrine entière qui était consacrée à la transhumance. Je suis commissaire-priseur et je peux vous dire que l'art populaire, ce n'est pas ringard du tout. C'est tout, sauf ringard.

Recueilli par Frédéric Paillas

« L'art populaire, ce n'est pas ringard du tout... »

Les collections de Georges Dubouchet renferment pas moins de 7500 objets dont à peine la moitié était exposée dans le musée de Saint-Didier-en-Velay qui a fermé le 31 août 2010.

Georges Dubouchet les avait répertoriés en une centaine de catégories, de l'agriculture aux objets décorés, et dont les plus anciens remontaient au XVIIe siècle à l'image de certains pressoirs à noix, dit à coins, l'ancètre du pressoir à vis, provenant de Haute-Loire.

Le musée avait ouvert ses portes en 1975. Il avait enregistré une pointe de 5000 visiteurs à la fin des années soixante-dix.

Le lien ci-dessous ne fonctionne plus.J'avais conservé ce texte en 2010

http://www.leprogres.fr/fr/article/4027367/A-Saint-Didier-en-Velay-le-petit-musee-brade-a-des-Suisses.html

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Saint-Didier-en-Velay:le musée s'en va en région parisienne

26 Août 2010

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Didier halles 1

Georges dubouchet fraissinette    

Georges Dubouchet, Geneviève de Fraissinette, Jacques Souvignet et Thibault Dubouchet.

L'ensemble des collections de Georges Dubouchet qui forment l'actuel musée des arts et traditions populaires de Saint-Didier-en-Velay vont partir début septembre. Direction : la région parisienne, à Provins, où le musée est transféré. L'épilogue de plusieurs années de négociations qui n'ont pu aboutir avec les élus locaux.

Les bénévoles des Amis du musée sont amers et les élus regrettent cette issue.

A la fin de la semaine, le musée des arts et traditions populaires de Saint-Didier-en-Velay fermera définitivement ses portes.L'ensemble des collections du musée situé au-dessus des halles ainsi que des dépôts dans la commune vont partir dans quelques jours.

Début septembre, des semi-remorques occuperont le centre-ville désidérien pour emballer et charger les milliers d'objets récoltés aux quatre coins du Massif Central depuis près de 35 ans par Georges Dubouchet.

L'infatigable collectionneur a cette fois cédé. C'est une femme d'affaires qui reprend l'intégralité de ses collections qui ont été vendues. Un terme que refuse d'employer Georges Dubouchet, qui préfère évoquer «le transfert du musée». Les négociations auront duré en tout près d'un an.

Début septembre, lorsque le déménagement débutera, les objets du musée de Saint-Didier partiront à Provins en Seine-et-Marne.

Une cité médiévale, classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, qui dispose déjà d'un musée consacré au Moyen-Âge. C'est dans cette commune que serait actuellement en chantier un immense musée, sur plus de 3000 m2. Il s'intitulerait «le musée de la vie d'autrefois».

Des études ont déjà été réalisées sur ce projet d'envergure et, d'après nos informations, les estimations feraient état de près de 600 000 visiteurs potentiels pour ce nouveau musée qui doit ouvrir ses portes en 2011.

Bonne nouvelle pour les objets : une équipe de restaurateurs travaillera à plein temps pour remettre en état une partie des collections du musée de Saint-Didier.

De nombreuses pièces en bois nécessitent en effet un travail de restauration urgent.

Pour les costumes, un scénariste travaillera même sur des mises en scène pour présenter les costumes de l'actuel musée de Saint-Didier.

Bref, c'est une véritable résurrection qui s'annonce pour ces objets.

Article publié le 26/08/2010 à 15:40-Auteur : redacteur-Crédits photos : L'Eveil

http://www.leveil.fr/actualite/Saint-Didier-en-Velay-3542

Barre separation

Message à AFMA du mercredi 27 octobre 2010

Coup de chapeau tout d’abord à Georges Dubouchet d’avoir éviter la dispersion de l’œuvre de sa vie avec une vente aux enchères. Nous irons voir sa collection en Seine et Marne !!

Peux-t-on se consoler en disant que l’œuvre de toute une vie a évité la dispersion? Mais faible consolation tout de même car si la collection de Georges Dubouchet est globalement préservée, le dommage collatéral est que la ville et le Massif Central ont laissé partir au loin un pan de leur patrimoine.

Une fois encore on vide les provinces et les campagnes pour concentrer et tout accumuler dans les grands centres urbains. On prive une ville, un département , une région d’un patrimoine qui raconte son histoire   Mais bon sang pourquoi ceux qui ont le pouvoir et  les cordons de la bourse (conseillers généraux, députés etc….)n’ont pas bougé le petit doigt pour maintenir dans leur région un tel trésor !!

Dans son livre « Paris et le désert Français » Jean-François Gravier en 1947 écrivait : « dans tous les domaines, l'agglomération parisienne s'est comportée depuis 1850, non pas comme une métropole vivifiant son arrière-pays, mais comme un groupe "monopoleur" dévorant la substance nationale ».

Extrait de sa biographie dans Wiki  : « Les mots utilisés sont froids et abrupts, et choqueraient aujourd'hui : « dévoré » en parlant de Paris captant les ressources et les talents de la province française ;

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Sept  années se sont écoulées entre l' interview paru sur le Progrès du  24 Octobre 2010 et l'ouverture du musée le 1er Octobre 2017.Depuis le fermeture du musée en 2010 je prenais des nouvelles auprès de Mr Dubouchet ou de madame Geneviève de Fraissinette.

C'est grâce à un article du Toupin du mois de Janvier 2018 que j'ai appris que ce musée avait été inauguré le 1er Octobre 2017.

Le site internet est sobre mais suffisant. L'idée de présenter les outils avec des mannequins est une bonne idée qui est de plus en plus utilisée dans les musées ATP.

 

Page publiée le 27 Mars 2018******************

Date de dernière mise à jour : 21/08/2020