Du Musée-livre au Livre-musée: 16 août 2009

 

Du Musée-livre au Livre-musée

Texte de Georges Dubouchet

5 georges dubouchet portrait

Extrait du site du musée le 16 août 2009

http://georges.dubouchet.free.fr/museedescampagnes/archives/index.html

Le Musée de Saint-Didier-en-Velay (Haute-Loire) a été fondé par Georges Dubouchet en 1975, au lendemain de la soutenance de sa thèse de Doctorat de 3e Cycle intitulé " Le Cercle chez les Grecs et chez Nietzsche.On pourrait s'interroger sur  la nature rapport susceptible de relier l'art populaire et la pensée du célèbre philosophe allemand s'il l'on ne connaissait pas l'importance accordé à ce qui relève du débat entre le " naturel " et le " culturel " et surtout en ne faisant aucune concession à tous ceux qui se meuvent comme des poissons dans les eaux de l'actualité, bref à tout ce qui, de près ou de loin, transpire une influence dionysiaque.

Toutefois, réaliser un musée à l'écart de toutes les modes et des sempiternel hommages rendus à la nouvelle idole " Modernité " relève de la quadrature du cercle.

Ainsi, après 33 ans d'existence, le Musée de Saint-Didier, en dépit de l'incomparable richesse de ses collections, est toujours victime d'une imperturbable indifférence qui scandalise nombre de visiteurs.

Les engagements pris par Jacques Barrot personnellement et au nom du Conseil Général de la Haute-Loire, en 2001, n'ayant pas été tenus et à défaut d'une décision, la plus grande partie des collections sera dispersée à partir de 2009.

En tout état de cause, cet établissement voué à la dernière page d'histoire des sociétés pré-industrielles du Massif Central est le véritable, l'authentique " Musée des Campagnes " qui unit dans un même élan et sous un même titre le musée proprement dit et le premier tome de l'ouvrage récemment paru.

1 livre le musee des campagnes grand

Couverture du livre "Le Musée des Campagnes"

VERY BIG MUSEE A VENDRE ??

 

Il est possible, en dépit des hauts le cœur des centaines de personnes qui ont visité avec émotion le Musée de Saint-Didier-en-Velay ces dernières années, que les collections constituant l'actuel Musée des sociétés rurales du Massif Central soient dispersées. Ainsi, alors que l'on a trouvé tellement d'argent pour créer le dispendieux Musée de la Dentelle à Retournac, on aura laissé mourir le Musée de Saint-Didier qui existait pourtant depuis 1975.

En 1985, à une époque où Georges Dubouchet était loin d'avoir acquis les connaissances nécessaires en matière d'art populaire, Hubert Landais, alors Directeur des Musées de France, écrivait : " Depuis de nombreuses années, le musée de St-Didier-en-Velay est connu des spécalistes en ethnographie. Tous déplorent que le statut des collections soit toujours privé dans la mesure où les conditions de conservation sont tout à fait préjudiciables aux objets que vous avez collectés de façon très originale et personnelle ". Beaucoup plus récemment, après avoir examiné la totalité des collections, Denis-Michel Boëll, Conservateur-adjoint aux Atp, nous déclarait : " Vos collections n'ont pas une valeur locale ou régionale, elles présentent une dimension nationale, voire internationale ".

Dans un rapport cité plus loin, Jean-Claude Besqueut rappelait, sans dérision semble-t-il, les propos tenus en 1977 -à l'occasion de l'inauguration du Musée et de la création de l'Association des Amis du  Musée- par Jacques Barrot : " Nous soutiendrons ce que vous avez fait. Nous serons là chaque fois qu'il le faudra ". Or, jusqu'à la parution du Musée des Campagnes en 2007 et -grâce aux interventions de Michel Driot auprès du Président Roche- la souscription de  50 ouvrages, aucune aide véritable ne fut accordée à Georges Dubouchet alors que celui-ci ouvrait des antennes un peu partout non seulement en Haute-Loire (La Séauve-sur-Semène, Le Chambon-sur-Lignon, Saint-Romain-Lachalm, Bigorre, Monistrol, etc.) mais également dans des départements voisins (Loire, Ardèche, Ain) tout en multipliant les expositions, en prêtant des objets à une centaine d'associations et en publiant une quarantaine d'ouvrages d'intérêt régional.

Dans le même temps et de manière déconcertante, sous l'égide d'Auguste Rivet et de Christian Assezat, le Conseil Général de la Haute-Loire subventionnait les initiatives d'un membre dissident du Musée  de Saint-Didier reprenant à son compte personnel l'idée de Georges Dubouchet qui avait jugé en 1985 (date à laquelle le maire Vigne de Chaudeyrolles accepta de lui louer un local pour la saison suivante) que des expositions sur le thème porteur de la sorcellerie et de la médecine populaire dans la zone du Mézenc étaient désormais (pas toujours pour les bonnes raisons d'ailleurs) les plus prometteuses en Haute-Loire au plan de la fréquentation.

Les " décideurs " régionaux n'ont n'a pas bien mesuré les responsabilités qu'ils prennent en " actant ", d'une manière ou d'une autre, la dispersion des collections du Musée de Saint-Didier dont la singularité les rapproche de celles d'Ambierle et de Champlitte si l'on tient compte de deux facteurs : les dates de collectage des objets (antérieures de trois décennies dans les exemples précédents) et l'impossibilité radicale et permanente pour Georges Dubouchet, faute d'un espace adéquat, de présenter non  seulement l'ensemble des collections mais aussi les scénographies imaginées en permanence.

On trouvera des représentations photographiques de certaines pièces de cette collection dans les trois ouvrages déjà parus de Georges Dubouchet : L'industrie du clou à Firminy (épuisé) ; Le Musée des Campagnes (disponible mais en voie d'épuisement) ; Naissance d'une Odyssée (disponible sur commande) et dans deux ouvrages à paraître : Le Mobilier des Campagnes et Les Fées aux doigts magiques.

Naissance d'une Odyssée

2 naissance d une odyssee

Naissance d'une Odyssée

3 naissance d une odyssee 2

Les Fées aux doigts magiques.

4 les fees aux doigts magiques

Deux fascicules (épuisés) rendaient également compte de cette collection : Le Musée des sociétés rurales du Massif Central de Saint-Didier-en-Velay de Georges Dubouchet et La Collection d'arts et traditions populaires du Musée de Saint-Didier-en-Velay de Jean-Claude Besqueut. Ajoutons que Nicole de Reyniès a publié dans son important ouvrage Le mobilier domestique (tomes I et II) de nombreux objets -dont un rare banc à saigner le cochon, une table ardéchoise à abattant, un grand coffre à grain, un " bergadouïro " (vannerie aveyronnaise servant à enlever la dernière pellicule des châtaignes), un lit-clos, etc.- provenant des collections de cet établissement.

Historique du Musée de Saint-Didier


Ouvert au public en 1972, le Musée des sociétés rurales du Massif Central de Saint-Didier-en-Velay (Haute-Loire) est issu d'une collection privée commencée au début des années 1970 et qui n'a cessé et ne cesse de s'enrichir en fonction  des collectes permanentes et raisonnées opérées par Georges Dubouchet.

Cette collection a fait l'objet d'un inventaire réalisé en 1998 sous la conduite de Jean-Claude Besqueut qui a inventorié près de 7000 objets. Il convient de noter que le fondateur du musée n'a cessé d'enrichir les collections en sélectionnant les pièces recueillies en fonction de la bonne foi de la provenance régionale et en supprimant les redites ou, à défaut de singularité, les objets postérieurs à 1940.

C'est ainsi qu'en 1985, époque antérieure à un " tri sélectif " systématique, le nombre total des objets approchait sans doute les 20 000. Pour illustrer cette réduction drastique en dépit d'acquisitions permanentes, on peut prendre l'exemple (sans évoquer les milliers d'objets trop récents issus des tous premiers achats à une époque où l'esprit de la collecte était plus " ethnographique " que " muséal ") des 400 pinces de forge qui furent  ramenées à une soixantaine en fonction de leur appartenance (maréchalerie, clouterie, serrurerie,  etc.) ou des " coupe-foin " et des " coupe-marc " dont une vingtaine de modèles respectifs régionaux différents ont été conservés (sur les trente-cinq ou quarante initialement recueillis dans chacune des deux catégories) en fonction des doublons et des pièces douteuses quant à leur appartenance régionale. Dans cet esprit, ne furent prioritairement conservées,  recherchées et sélectionnées entre milliers de spécimens que les pièces les plus rustiques : cf. barattes monoxyles ou cerclées de bois ; vannoirs à engrenages en bois ; étonnantes séries de fourches en bois (foin, battaage du seigle, etc.) et de crocs à fumier. En revanche, le collectionneur a acquis le matériel relativement récent du fabricant de chapelets d'Ambert (Puy-de-Dôme) dans la mesure où il s'agissait d'une activité régionale typique pouvant être mise en parallèle avec celle de la bergère monteuse de chapelets.

Depuis les premières années de son existence, le musée souffre de l'absence d'un local adéquat. Pour pallier à cette carence, une dizaine de musées qui servirent d'annexes furent créées dans d'autres localités tandis que différents locaux (souvent insalubres) servirent et servent encore à stocker les pièces volumineuses non exposées. En outre, plusieurs pressoirs monumentaux ont été, très ingénument sans doute, confiés à la garde de différentes associations et municipalités (cf. Brioude, Brassac-les-Mines, Saint-Bonnet-les-Oules).

D'emblée, Georges Dubouchet avait voulu doter le département de la Haute-Loire d'un grand musée des arts et traditions populaires en refusant, à une époque où ces objets s'arrachaient à prix d'or, les offres les plus alléchantes dont une venue des Etats-Unis.

Dans cette perspective, dès la fin des années 1970, de nombreuses rencontres eurent lieu, notamment avec Jacques Barrot, pour une cession des collections au département.

Enfin en 2001, après un inventaire des plus coûteux et une estimation fantaisiste établie par un commissaire-priseur du Puy qui considérait que l'on trouvait dans toutes les granges de la Haute-Loire le rare matériel agricole collecté par Georges Dubouchet, Jacques Barrot faisait une proposition, au centime d'euro près, à Georges Dubouchet pour l'achat de l'ensemble des collections à l'exception des dons et des pièces en dépôt.

En dépit de la très nette sous-évaluation des collections, Georges Dubouchet acceptait cette proposition mais huit ans plus tard, rien n'a bougé. Selon les échos que nous pouvons avoir, cette situation est attribuée tantôt à l'indifférence de Guy Vocanson (Président de la Communauté de Communes de la Semène) soit à la volte-face du sénateur Henri Gouteyron.

Toujours est-il que Georges Dubouchet, après de multiples relances et devant la dégradation de nombreuses pièces ainsi que l'impossibilité de plus en plus criante de gérer la situation, a lancé un véritable ultimatum aux " décideurs " afin qu'ils donnent  une réponse rapide. Aux dernières nouvelles, celle-ci devrait intervenir en septembre et ne concerner qu'une partie des collections alors que celles-ci constituent un ensemble cohérent.

Même les " scientifiques " infiniment plus attachés que les brocanteurs à l'origine de l'objet ne prennent pas complètement en compte l'importance de la collecte " in situ ", en particulier de celle effectuée il y a plusieurs décennies lorsque les informations recueillies auprès des témoins les plus âgés avaient, dans de nombreux cas, réellement valeur de témoignages ethnographiques. Pour prendre un seul exemple  entre mille, il faut avoir acheté à un ancien employé du PLM la pelle en bois servant à enlever la glace accumulée sur les rails pour distinguer cet instrument d'une classique pelle à grain moins effilée à son extrémité. Il en va de même de l'imposant pilon qui, à Fay-sur-Lignon (Haute-Loire), permettait aux chevaux d'étancher leur soif en brisant la glace de l'abreuvoir.

On pourrait multiplier les exemples à l'infini. Ainsi, rien ne distingue -en dehors de l'essentielle valeur d'usage- une pierre de tourne-broche, d'une " pierre -frein " ou d'une pierre de presse à fromage.

Les témoignages afférents à cette collecte " in situ " permettent, le cas échéant, de découvrir des objets similaires assignés à des fonctions différentes (cf. " lave-topinambours " d'Ambert et " lave-laine " de Millau). Néanmoins, ce mode de collectage ne dispense nullement son auteur des connaissances livresques qui lui permettent de déterminer l'aire d'usage, aux confins du bourbonnais et du Puy-de-Dôme de la " sape " (cf. Musée des Campagnes) ou de s'interroger sur l'étonnante présence d'un " cran " de scieur de long dans une grange de Feycenet-Laour (Haute-Loire).

Quel visiteur mettant ses pas dans le " grenier " trop rempli du Musée de Saint-Didier peut-il imaginer que tous les objets ont été collectés " in situ " ou, à défaut, acquis auprès de marchands qui ont été invités (parfois non sans mal d'ailleurs) à préciser l'origine de l'objet acheté ? On imagine la stupéfaction de ce même visiteur s'il pouvait visiter les 4 dépôts où s'entassent les pièces les plus volumineuses qui  ont également fait l'objet des mêmes précautions d'acquisition !

Néanmoins, il est  très possible que l'ensemble de la collection soit vendue à l'encan. La chose est d'autant plus regrettable qu'il s'agit sans doute du seul rassemblement contemporain d'objets populaires dont on connaisse assez bien la provenance en fonction des collectes réalisées " in situ " et des sélections précédemment évoquées.

Devant l'énormité de l'entreprise en dispersion, Georges Dubouchet on a établi de nombreuses thématiques d'objets mis à la vente illustrant chacune, à des degrés différents, une réelle importance. Les thématiques ci-dessous représentent approximativement 85 % de l'ensemble des collections. En effet, ne sont pas évoquées différentes petites collections : objets en corne ; boucles de tablier ; peintures et photos anciennes ; médailles commémoratives ; objets tabacologiques, etc., etc.

Ne figurent pas dans le descriptif suivant les dons (cf. salon de coiffure début XXe de Melle Gerphagnon), les objets mis en dépôt ainsi que les nombreuses collections acquises par Thibault et Paul Dubouchet.

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Inauguration 30 Juillet 1977

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Inauguration 30 juillet 1977

https://drive.google.com/file/d/1x1Vs7k76baxosp8FxGxZ10NgXiIkhb8a/view?usp=sharing

Texte barrot jacques 1977

SOURCES

Site internet Georges Dibouchet

Dévidoir pour les écheveaux de laine

Devidoir velay

Barre marsais

TOME 4

Georges Dubouchet

MARDI 27 AVRIL 2021

 

Le 4e tome de notre dernière série est sous presses. Nous relatons les rencontres effectuées auprès de marchands et de collectionneurs au cours des 45 dernières années. Nous remercions les nombreux collectionneurs qui ont accepté de parler de leurs collections tout en dévoilant certains objets qu’ils avaient acquis.

Ce 4e tome comprendra seulement 3 chapitres relatifs aux marchands d’antiquités, aux collectionneurs et à la « saga » de l’outil. Tout en proposant notre propre conception de l’art populaire, nous donnerons la parole à de nombreux collectionneurs qui ont une approche différente de la nôtre. Par ailleurs, nous traiterons de collections prestigieuses comme celles de Michel Rullier, de Luigi Nessi ou de David Russel.

       Nous rappelons aux lecteurs que, dans le cadre de ce que nous avons appelé «l’autobiographie d’un musée», nous désirons faire part des des diverses relations nouées aussi bien auprès de certains marchands que de nombreux collectionneurs. Nous évoquons également divers spécialistes que nous n’avons jamais rencontrés mais dont les initiatives ont pu nous influencer ainsi que de nombreux antiquaires et collectionneurs des époques passées.

De manière à proposer une lecture agréable, le texte est truffé de photographies. Certaines, de mauvaise qualité, ont valeur de « documents ». Il s’agit, par exemple, de photos prises au « polaroid » concernant des objets achetés dans les années 1973-1974. Elles montrent, à travers la confondante naïveté dont nous faisions preuve, le cheminement de notre projet muséologique et la nécessité d’un apprentissage qui n’a pas de fin.  

Nous rappelons que nous n’imprimons qu’à un faible nombre d’exemplaires, ce qui majore fortement le coût d’impression. Le fait que nous ne passions pas par une maison d’édition nous permet une certaine liberté de ton tout en publiant des photos de mauvaise qualité mais qui éclairent le texte.

Les chèques ne seront encaissés qu’à réception de l’ouvrage mais nous ne pourrons servir que les 80 premiers souscripteurs.

Cinquante ans de « chines » dans le Massif Central. Marchands et Collectionneurs d’autrefois et d’aujourd’hui : 240 pages ; plus de 450 photos.

Chèque de 60 € (franco de port) à libeller : Amis des ATP du Massif Central.

Chèque à adresser : Georges Dubouchet La Rullière 43140 St-Didier-en-Velay.

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Mob : 06 99 58 38 23

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Date de dernière mise à jour : 28/04/2021